Portrait : Nicolas de Zinzendorf
Portrait · réveil
Nicolas de Zinzendorf
1700 – 1760 · Herrnhut · le réveil morave
- Naissance1700, Dresde (Saxe)
- Lieu d’actionHerrnhut, puis l’Europe, les Antilles et l’Amérique
- Ce qu’il a laisséL’Église morave, la mission mondiale et la « religion du cœur »
Comte saxon élevé dans le piétisme — Spener est son parrain, Francke son maître à Halle —, Zinzendorf accueille en 1722 sur ses terres des réfugiés de Moravie, héritiers de l’Unité des Frères de Jan Hus. Le village qu’ils fondent s’appelle Herrnhut, « la garde du Seigneur ». Le 13 août 1727, au cours d’une sainte cène, la communauté divisée connaît un réveil qui la soude ; une chaîne de prière continue s’y met en place, qui durera plus de cent ans.
Dès 1732, Herrnhut envoie ses premiers missionnaires vers les esclaves des Antilles, puis au Groenland, en Afrique, en Amérique du Nord : pour la première fois, une Église protestante tout entière se fait missionnaire. Zinzendorf lui-même, devenu évêque morave, banni de Saxe pendant dix ans, voyage sans cesse et fonde Bethlehem en Pennsylvanie. Sa théologie est celle du cœur : une relation personnelle et tendre avec le Christ crucifié. « Je n’ai qu’une passion : c’est Lui, Lui seul. »
C’est à bord d’un navire pour la Géorgie, puis à Londres auprès du morave Peter Böhler, que John Wesley rencontre les moraves et leur assurance du salut : sa conversion d’Aldersgate (mai 1738) en découle, et l’été suivant il se rend à Herrnhut. Les moraves ont aussi laissé un petit livre lu chaque jour dans le monde entier depuis 1731, les Losungen ou « Paroles quotidiennes ».
Pourquoi il compte pour les Églises d’aujourd’hui
Zinzendorf est le trait d’union entre Hus et Wesley, et l’inventeur pratique de la mission protestante moderne. La conversion personnelle, la piété du cœur, la prière persévérante et l’envoi de missionnaires ordinaires : tout ce que les Églises évangéliques tiennent pour essentiel s’est vécu à Herrnhut avant de se répandre.
« Mais il était blessé pour nos péchés, brisé pour nos iniquités ; le châtiment qui nous donne la paix est tombé sur lui, et c’est par ses meurtrissures que nous sommes guéris. »
— le Christ crucifié fut le centre de sa prédication et de ses cantiques
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