Portrait : Martin Luther
Portrait · réformateur
Martin Luther
1483 – 1546 · Wittenberg · la foi seule
- Naissance10 novembre 1483, Eisleben (Saxe)
- Lieu d’actionWittenberg ; Worms et la Wartburg
- Ce qu’il a laisséLa Bible allemande, le salut par la foi seule, les Églises luthériennes
Fils de mineur devenu moine augustin, Luther cherche avec angoisse comment être juste devant un Dieu saint : jeûnes, veilles, confessions — rien n’apaise sa conscience. Professeur d’Écriture sainte à Wittenberg, il découvre en étudiant l’épître aux Romains que la justice de Dieu n’est pas celle qui condamne, mais celle que Dieu donne : le salut se reçoit par la foi, comme un don. Le 31 octobre 1517, ses quatre-vingt-quinze thèses contre le commerce des indulgences sont répandues par l’imprimerie dans toute l’Europe en quelques semaines.
Excommunié, convoqué devant l’empereur Charles Quint à la diète de Worms (1521), il refuse de se rétracter tant qu’on ne l’aura pas convaincu « par l’Écriture ou par des raisons évidentes ». Mis au ban de l’Empire, caché au château de la Wartburg, il traduit le Nouveau Testament en allemand en onze semaines (1522), puis toute la Bible (1534) : le peuple lit désormais l’Écriture dans sa langue. De retour à Wittenberg, il réorganise le culte, écrit des cantiques — « C’est un rempart que notre Dieu » — et deux catéchismes pour les familles.
Son mariage avec Katharina von Bora, ancienne religieuse (1525), inaugure le presbytère protestant : une table ouverte, six enfants, des étudiants logés. La Confession d’Augsbourg (1530), rédigée par son ami Melanchthon, fixe la foi luthérienne. Homme entier, capable de dureté dans la polémique, il meurt en 1546 à Eisleben, sa ville natale. De lui viennent les Églises luthériennes d’Allemagne, de Scandinavie et d’Alsace.
Pourquoi il compte pour les Églises d’aujourd’hui
Chaque fois qu’une Église évangélique proclame que le salut est reçu par la foi, non gagné par les œuvres, elle répète la découverte de Wittenberg. La Bible dans la langue du peuple, le chant de toute l’assemblée, le catéchisme des familles : trois gestes de Luther devenus si naturels qu’on oublie qu’ils furent une révolution.
« Le juste vivra par la foi. »
— le verset de sa délivrance, découvert dans son cabinet de travail de Wittenberg
Dossier en ligne · familles et repères · édition 2026