Ulrich Zwingli

Portraits

Ulrich Zwingli et la Réforme suisse : la Bible, le culte, le débat avec Luther sur la Cène et les origines de l’anabaptisme.

Portrait · réformateur

Portrait d’Ulrich Zwingli (d’après Hans Asper)

Ulrich Zwingli

1484 – 1531 · Zurich · l’Écriture seule au culte

  • Naissance1er janvier 1484, Wildhaus (Suisse)
  • Lieu d’actionGlaris, Einsiedeln, puis Zurich (Grossmünster)
  • Ce qu’il a laisséLa prédication de la Bible livre après livre et la branche réformée suisse

Fils de paysans du Toggenbourg, formé dans l’humanisme et admirateur d’Érasme, Zwingli est prêtre à Glaris puis à Einsiedeln, où il prêche l’Écriture plutôt que les légendes de pèlerinage. Appelé en 1519 au Grossmünster de Zurich, il rompt avec le calendrier des lectures imposées : il ouvre l’Évangile de Matthieu au premier verset et le commente jusqu’au dernier, puis livre après livre. La même année, la peste emporte un quart de la ville ; frappé lui-même, il en réchappe et en tire un chant de confiance totale en Dieu.

À partir de 1522, la Réforme zurichoise avance par disputes publiques : devant le conseil de la ville, Zwingli soutient que seule l’Écriture fait autorité. Le culte est simplifié, la messe abolie (1525), la Bible de Zurich achevée dès 1531. Mais l’unité protestante se brise à Marbourg (1529) : pour Zwingli, la Cène est un mémorial ; pour Luther, une présence réelle — les deux hommes se séparent sans s’être accordés. À Zurich même, ses disciples Conrad Grebel et Felix Manz, jugeant la réforme trop lente, baptisent des adultes dès 1525 : l’anabaptisme est né.

Aumônier des troupes zurichoises, Zwingli meurt à la bataille de Kappel en 1531, à quarante-sept ans. Son successeur Heinrich Bullinger consolide l’œuvre pendant quarante ans et correspond avec toute l’Europe. De Zurich vient la branche réformée suisse qui, rejointe par Genève, formera la famille réformée — et, par contrecoup involontaire, la famille anabaptiste et mennonite.

Pourquoi il compte pour les Églises d’aujourd’hui

La prédication « suivie », qui ouvre un livre biblique et le parcourt verset après verset, dimanche après dimanche, est aujourd’hui la pratique ordinaire de milliers d’Églises évangéliques : elle vient du Grossmünster. Zwingli rappelle aussi qu’une réforme se juge à l’Écriture — y compris lorsqu’elle est menée par des réformateurs.

« Venez à moi, vous tous qui êtes fatigués et chargés, et je vous donnerai du repos. »

— l’invitation du Christ, au cœur de sa prédication du Grossmünster
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Dossier en ligne · familles et repères · édition 2026

Sources et repères

Bibliographie du parcours

  • Sébastien Fath, Une autre manière d’être chrétien en France. Socio-histoire de l’implantation baptiste (1810-1950), Labor et Fides.
  • Sébastien Fath et Jean-Paul Willaime (dir.), La nouvelle France protestante. Essor et recomposition au XXIe siècle, Labor et Fides.
  • André Encrevé (dir.), Les protestants (Dictionnaire du monde religieux dans la France contemporaine), Beauchesne.
  • Patrick Cabanel, Histoire des protestants en France, XVIe-XXIe siècle, Fayard.
  • Jean Baubérot, Histoire du protestantisme, PUF, « Que sais-je ? ».
  • Musée virtuel du protestantisme — notices thématiques et biographiques.

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