Portrait : John Wycliffe
Portrait · précurseur
John Wycliffe
v. 1330 – 1384 · Oxford · l’Écriture au-dessus du pape
- Naissancev. 1330, Yorkshire (Angleterre)
- Lieu d’actionOxford, puis la paroisse de Lutterworth
- Ce qu’il a laisséLa première Bible complète en anglais et l’idée que l’Écriture juge l’Église
Théologien d’Oxford, maître de Balliol College, Wycliffe est l’un des esprits les plus respectés d’Angleterre quand il se met à contester la richesse et le pouvoir temporel de l’Église. À partir de 1376, il soutient que l’autorité se perd par le péché, que le pape n’est pas le maître de l’Église, et que l’Écriture seule est la règle de la foi : « la vérité de l’Écriture » est le titre d’un de ses grands traités (1378).
En 1379-1380, il rejette la transsubstantiation, ce qui lui coûte l’appui de ses protecteurs. Condamné à Londres en 1382, il n’est pourtant ni emprisonné ni brûlé : il se retire dans sa paroisse de Lutterworth, où il meurt en 1384. C’est là que ses disciples achèvent ce qui fera sa postérité : la traduction de toute la Bible en anglais, à partir de la Vulgate latine, copiée à la main et diffusée par des prédicateurs itinérants, les « lollards ».
Le concile de Constance condamne ses thèses en 1415, et en 1428 ses os sont exhumés, brûlés, et ses cendres jetées dans la rivière Swift. Mais ses écrits ont déjà gagné la Bohême par les étudiants tchèques venus à Oxford : Jan Hus les lit, les défend, et en meurt. On a surnommé Wycliffe « l’étoile du matin de la Réforme ».
Pourquoi il compte pour les Églises d’aujourd’hui
Wycliffe est le premier à dire, avec les outils de l’université, ce que la Réforme dira un siècle et demi plus tard : la Bible au-dessus de l’institution, et la Bible pour tous. Chaque Église évangélique qui met une Bible en langue courante entre les mains de ses membres prolonge son geste de Lutterworth.
« Ta parole est une lampe à mes pieds, et une lumière sur mon sentier. »
— un verset qui résume sa conviction : l’Écriture pour guider chaque croyant
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