Portrait : Marie Durand
Portrait · le Désert
Marie Durand
1711 – 1776 · Aigues-Mortes · la résistance du Désert
- Naissance1711, Le Bouschet-de-Pranles (Vivarais)
- Lieu d’enfermementLa tour de Constance, Aigues-Mortes : trente-huit ans
- Ce qu’elle a laisséUn mot gravé dans la pierre, Résister, et des lettres
Marie Durand n’a rien fondé, rien écrit pour le public, jamais prêché. Elle est la sœur de Pierre Durand, pasteur clandestin du Désert, pendu à Montpellier en 1732. Arrêtée en 1730, à dix-neuf ans, pour le seul crime d’être de cette famille, elle est enfermée à la tour de Constance, à Aigues-Mortes, avec d’autres femmes protestantes. Il lui aurait suffi d’abjurer pour en sortir. Elle y restera trente-huit ans.
Dans la salle haute de la tour, on lit encore, gravé sur la margelle du puits, le mot Register — « résister » en occitan ; la tradition l’attribue à Marie Durand. Ses lettres conservées la montrent organisant la vie des prisonnières, consolant les plus âgées, suppliant les autorités, remerciant les Églises d’Amsterdam qui envoient des secours, et priant. Elle est libérée en 1768 par le prince de Beauvau, gouverneur du Languedoc, bouleversé par ce qu’il découvre.
Elle rentre au Bouschet, sa maison pillée, et y meurt en 1776, onze ans avant l’édit de tolérance qui rendra une existence légale aux protestants. Sa maison natale est aujourd’hui un musée du protestantisme vivarois.
Pourquoi elle compte pour les Églises d’aujourd’hui
Cette fiche est celle d’une figure de fidélité. Au milieu de fondateurs, de réformateurs et de prédicateurs, Marie Durand rappelle que la foi des familles d’Églises a aussi tenu par des croyants sans rôle ni titre, qui n’ont eu à offrir que leur constance. Les réformés du Désert, et toutes les Églises persécutées d’aujourd’hui, se reconnaissent en elle.
« Sois fidèle jusqu’à la mort, et je te donnerai la couronne de vie. »
— le verset que les protestants français ont associé à sa fidélité
Dossier en ligne · familles et repères · édition 2026