Filiations, unions et cartes

Repères comparatifs

Comparez les filiations protestantes, découvrez la FPF, le CNEF, les œuvres communes et les routes de diffusion de l’Évangile.

Animation · synthèse

Des foyers de naissance aux implantations en France

Un repère visuel simplifié : les lignes représentent des trajectoires historiques, non nécessairement des filiations institutionnelles directes. Les deux tableaux récapitulatifs « qui vient d’où ? » détaillent et nuancent chaque cas.

Lecture en boucle, avec pause et reprise. Les tableaux suivants restent la référence détaillée.

Sur petit écran, utilisez « Agrandir » et placez de préférence l’appareil en mode paysage.

Lire les trajectoires et les sigles

* EPUdF : l’union actuelle date de 2013 ; les dates du XVIe siècle désignent ses racines luthériennes et réformées. ** Témoins de Jéhovah : issus d’une branche des courants second-adventistes nés du millérisme, ils se situent hors du protestantisme et de ses confessions de foi trinitaires, et ne relèvent ni de la FPF ni du CNEF. *** Catch The Fire : réseau évangélique néo-charismatique international, avec une présence française identifiée à Lyon depuis 2017 ; son affiliation à la FPF ou au CNEF n’est pas documentée dans les sources publiques consultées.

Les traits indiquent une trajectoire historique simplifiée entre un foyer de formation et un repère français. Ils ne prouvent pas, à eux seuls, une filiation directe, une influence exclusive ou une affiliation institutionnelle.

Repères français : premiers foyers pentecôtistes au Havre et à Paris en 1909 ; essor avec Douglas Scott en 1930 ; organisation des ADD en 1932-1933. Pour Vie et Lumière : réveil à Lisieux en 1950 puis à Brest en 1952, mission fondée en 1957, nom adopté en 1961. Le pointillé gris distingue la trajectoire comparative des Témoins de Jéhovah.

Tableau récapitulatif : qui vient d’où ?


Une ligne par famille : naissance du courant, arrivée en France, racine principale. Les portraits se lisent de gauche à droite, du plus proche de nous vers la racine la plus ancienne. Les contacts et les influences ne constituent pas nécessairement une filiation institutionnelle directe.

Réformés évangéliques
(UNEPREF)

Naissance

Genève, 1536

En France

Paris, 1555
(huguenots)

Racine

Calvin — Réforme magistérielle

Antoine Court — Aucun portrait d’Antoine Court n’a été retrouvé : ses initiales remplacent le visageJean CalvinMartin Luther

Luthériens et réformés unis
(EPUdF)*

Naissance

1517 / 1536

En France

XVIe s. ;
union en 2013

Racine

Luther et Calvin

Jean CalvinMartin Luther

Mennonites (AEEMF)

Naissance

Zurich, 1525

En France

Alsace, XVIe-
XVIIe s.

Racine

Réforme radicale (anabaptisme)

Menno Simons — Représentation postérieure : aucun portrait d’époque connuMartin Luther

Baptistes (FEEBF,
AEEBLF…)

Naissance

Amsterdam, 1609

En France

Nomain,
v. 1810-1820

Racine

Origine : séparatisme anglais. Influence doctrinale des mennonites waterlandais sur le premier groupe après les baptêmes

Origines du premier groupe baptiste, vers 1609John Smyth — Attribution non confirmée ; image utilisée à titre d’illustrationPuritains et séparatistes anglais
v. 1580-1607
Réforme anglaise
1534

Libristes (UEEL)

Naissance

Paris, 1849

En France

Paris, 1849

Racine

Huguenots + Réveil de Genève

Frédéric MonodRobert HaldaneJean Calvin

Assemblées de Frères
(CAEF)

Naissance

Dublin, Plymouth,
1827-1832

En France

Premières implantations ouvertes, seconde moitié du XIXe s. ; essor au XXe s.

Racine

Courant des Frères ouverts ; apports britanniques, suisses et italiens ; héritage du Réveil romand revendiqué. Distincts des assemblées darbystes

Rattachement des CAEF au courant des Frères ouvertsAssemblées ouvertes en France
parcours variés
Courant des Frères ouverts
repère britannique : 1848
Frères de Dublin et Plymouth
1827-1832

Méthodistes (UEEMF)

Naissance

Oxford, 1729 ;
Aldersgate, 1738

En France

Normandie, 1791

Racine

Wesley — anglicanisme + moraves

John WesleyNicolas de ZinzendorfMartin Luther

Dossier en ligne · familles et repères · édition 202641 / 49

Qui vient d’où ? — suite


Les familles pentecôtistes et charismatiques et les adventistes ; les Témoins de Jéhovah figurent à part, hors du tronc commun. Les foyers internationaux du pentecôtisme sont distincts des fondations des organisations françaises : ADD en 1932-1933 ; mission tzigane en 1957, devenue Vie et Lumière en 1961.

Assemblées de Dieu
(ADD)

Foyers du courant

Topeka (1901), Azusa Street (1906) ; Grande-Bretagne dès 1907

En France

Foyers attestés au Havre et à Paris, 1909 ; Scott 1927 et 1930 ; union 1932-1933

Racine

Pentecôtisme ; mouvement de sainteté issu du méthodisme, influence majeure parmi d’autres

Foyers et relaisDouglas ScottFoyers français
1909 · essor 1930
Pentecôtisme britannique
1907 · Boddy au Havre 1909
Foyers américains
1901-1906

Vie et Lumière
(gens du voyage)

Foyers du courant

Assemblées de Dieu de France (1932-1933)

En France

Réveil : 1950-1952 ; mission : 1957 ; nom : 1961

Racine

Pentecôtisme français ; mission née dans les Assemblées de Dieu

Origine de la missionClément Le CossecAssemblées de Dieu de France
1932-1933
Foyers français
1909 · essor 1930

Renouveau
charismatique

Naissance

Californie, 1960 ; vague mondiale 1960-1980

En France

Dès les
années 1960

Racine

Courant : influence du pentecôtisme sur des Églises préexistantes (catholiques, réformées, baptistes, indépendantes), qu’il ne fonde pas

Influence sur des Églises préexistantesÉglises existantes
toutes familles
Pentecôtisme
dès 1901

Églises de
la diversité

Naissance

Communautés de traditions protestantes diverses, constituées au fil des migrations, d’initiatives locales et de réseaux transnationaux

En France

Dès les années 1960, avec les migrations

Racine

Catégorie, non dénomination : plusieurs histoires ; les missions des XIXe-XXe siècles sont l’un des apports ; sensibilité souvent pentecôtiste ou charismatique

Apports juxtaposés, non généalogieMigrationsInitiatives
locales
Réseaux
transnationaux
Apports
missionnaires

Catch The Fire
(réseau international)***

Naissance

Toronto, 1994

En France

Lyon, 2017

Racine

Renouveau charismatique, via Vineyard

John et Carol Arnott

Adventistes du
septième jour

Naissance

États-Unis,
1844-1863

En France

Fin du XIXe s.

Racine

Millérisme — Second Réveil

Ellen G. WhiteMartin Luther

Hors du tronc commun : les Témoins de Jéhovah, nés du même terreau millérite que les adventistes, ne se réclament pas du protestantisme et n’y sont pas reconnus. Voir l’annexe comparative →

*L’EPUdF appartient au protestantisme historique (FPF) et non au CNEF ; elle figure ici pour que chacun situe l’ensemble de la famille protestante.

***Catch The Fire est un réseau évangélique néo-charismatique international ; sa présence française officiellement identifiée est à Lyon depuis 2017. Son affiliation à la FPF ou au CNEF n’est pas documentée dans les sources publiques consultées.

Dossier en ligne · familles et repères · édition 202642 / 49

Pl. 40 — Maisons communesRelevé · France · 1905 / 2010Éch. 1 : 1

Page I · vue d’ensemble

Les deux grandes maisons communes

Deux ensembles distincts, une zone de recouvrement réelle. La FEEBF illustre une double appartenance ; d’autres unions participent aussi aux deux ensembles.

Pour plus de détails sur ces trois sigles FPF · CNEF · FEEBF

A · 1905

FPF

Fédération protestante de France

courants luthéro-réforméscourants évangéliques

B · 2010

CNEF

Conseil national des évangéliques de France

unions d’Églisesœuvres évangéliques

Un exemple

FEEBF

exemple de double appartenance

Note du relevé

La FEEBF est un exemple de double appartenance. Le CNEF fédère des unions d’Églises et des œuvres protestantes évangéliques ; l’expression « Églises de professants » n’en donne pas une définition juridique exhaustive. Le schéma est simplifié : la taille des cercles ne représente pas les effectifs.

Les doubles appartenances

Huit unions, au-delà d’un seul exemple

La FEEBF n’est pas seule à appartenir aux deux organismes. L’annuaire du CNEF réunit ces huit unions dans son « pôle évangélique de la FPF » :

AEEMF
Association des Églises évangéliques mennonites de FranceÀ la FPF : membre en période probatoire
CÉPÉE
Communion d’Églises protestantes évangéliques
ERNC
Églises du réseau nouvelles connexions
FEEBF
Fédération des Églises évangéliques baptistes de France
UEEAF
Union des Églises évangéliques arméniennes de France
UEEL
Union des Églises évangéliques libres de France
UEEMF
Union de l’Église évangélique méthodiste de France
UNEPREF
Union nationale des Églises protestantes réformées évangéliques de France

Liste de ce pôle consultée le · Vérifier l’annuaire du CNEF. Les appartenances peuvent évoluer ; cette liste ne décrit pas toutes les relations entre les deux organismes. Statut de l’AEEMF : liste des membres de la FPF, consultée le 28 octobre 2026.

Repères · héritage et unité

Un héritage chrétien commun, quatre piliers d’unité

Les principales familles protestantes présentées s’inscrivent dans un héritage chrétien commun, enraciné dans les premiers crédos. Les quatre repères ci-dessous éclairent ce qui les rapproche, dans la diversité de leurs traditions et de leurs formulations de foi.

01
La foi en Dieu, Père, Fils et Saint-Esprit

Un repère trinitaire des grandes confessions protestantes, enraciné dans les crédos de l’Église ancienne.

02
Une référence aux Écritures

La Bible nourrit la foi. Les traditions protestantes en proposent des lectures et des interprétations diverses.

03
Le salut par grâce, par la foi

La charte de la FPF et la référence de foi du CNEF affirment le salut reçu par la foi, comme un don de Dieu.

04
Une communion à faire vivre

Dialogue, entraide et coopération font vivre cette unité dans le respect des identités des Églises et des unions.

Cet héritage commun s’exprime dans des cadres institutionnels distincts. Au CNEF, les membres partagent la Déclaration de foi de l’Alliance évangélique. À la FPF, ils adhèrent à une charte commune tout en conservant leurs propres formulations de foi. Ces quatre piliers constituent une synthèse pédagogique de l’héritage commun, pas un texte d’adhésion commun aux deux organismes ni une description de la foi individuelle de chaque membre.

Sources : FPF — convictions et crédos, charte ; CNEF — référence de foi commune ; Alliance évangélique mondiale — déclaration de foi trinitaire (anglais). Repères vérifiés le 28 octobre 2026. Voir aussi la présentation de la FEEBF.

Dossier en ligne · familles et repères · édition 202643 / 49
Pl. 41 — Œuvres communesFormer · traduire · implanter · servirÉch. 1 : 1

Page II · réseaux de coopération

Les œuvres communes : former, envoyer, servir

Une généalogie ne se lit pas seulement dans les unions d’Églises. Depuis un siècle et demi, les familles se rencontrent surtout dans des œuvres qu’aucune n’aurait pu porter seule — et c’est souvent là que les rapprochements ont commencé, bien avant les structures officielles.

Former

Instituts et facultés de théologie où baptistes, libristes, Frères, méthodistes et pentecôtistes étudient côte à côte. Cette coopération précède les années 1960 : l’Institut biblique de Nogent est interdénominationnel depuis 1921.

Traduire et diffuser

Sociétés bibliques, maisons d’édition, librairies : la traduction et la diffusion bibliques deviennent progressivement un chantier interconfessionnel. Lefèvre d’Étaples précède la constitution de la plupart des familles présentées.

Implanter

Missions d’implantation d’Églises — Perspectives et bien d’autres — qui travaillent dans les villes sans témoignage évangélique.

Servir

Entraide, aumôneries d’hôpital et de prison, accueil des plus fragiles : la Mission populaire (Robert McAll, Belleville, 1872) et l’Armée du Salut (en France depuis 1881) sont deux expressions majeures de cette action sociale, parmi d’autres ; elles n’en sont pas les seules origines.

Notes de lecture

Travailler ensemble sans devenir identiques

Une œuvre commune naît lorsqu’un besoin dépasse les moyens d’une seule famille d’Églises. Elle permet de réunir des compétences et des ressources autour d’une mission précise, sans effacer les convictions ni les responsabilités propres de chaque partenaire.

CRIT. 01

Un but délimité

Former, traduire, envoyer ou servir constitue un objectif commun. L’accord porte d’abord sur cette tâche ; il ne suppose pas une identité complète de doctrine, de liturgie ou de gouvernement d’Église.

CRIT. 02

Une gouvernance identifiable

Une faculté, une mission ou une œuvre sociale possède normalement ses propres responsables, statuts et règles de contrôle. Participer à son activité ne signifie pas devenir membre d’une nouvelle Église.

CRIT. 03

Un effet historique réel

Les relations de confiance créées dans le travail quotidien peuvent préparer des rapprochements plus larges. Mais une coopération ancienne ne prouve pas, à elle seule, une affiliation actuelle.

Œuvre commune ≠ union d’Églises

Une œuvre rassemble des personnes ou des institutions autour d’un service ; une union d’Églises organise une appartenance ecclésiale durable. Certaines œuvres naissent dans une famille puis s’ouvrent à d’autres ; certaines restent volontairement interconfessionnelles.

Trois questions utiles

Qui porte juridiquement l’œuvre ?

Quelle mission précise partage-t-elle ?

Que signifie réellement y participer ?

Dossier en ligne · familles et repères · édition 202644 / 49
Animation · lire une fiche

Remonter une filiation, maillon par maillon

Chaque fiche se lit de gauche à droite : de l’union actuelle vers ses racines, jusqu’à la Réforme. L’animation remonte les chaînes de sept familles, l’une après l’autre.

Les baptistes Survolez pour mettre en pause — les pages 23 à 30 font référence.
Les routes de l’Évangile : l’aller-retour atlantique

Le mouvement de sainteté est une influence majeure, mais le pentecôtisme ne résulte pas d’une seule chaîne causale partant de Wesley ; la carte distingue les foyers américains, la diffusion en Grande-Bretagne (1907) et la venue de prédicateurs britanniques en France (1930).

Animation · les trois cartes

Les routes en mouvement

Sur un fond géographique, les flèches des trois cartes se dessinent une à une, dans l’ordre du temps : racines européennes, aller-retour atlantique, puis points d’entrée en France.

Fond géographique simplifié : Natural Earth, domaine public. Les positions restent approximatives ; les pages 42 à 44 font référence.

Sources et repères

Bibliographie du parcours

  • Sébastien Fath, Une autre manière d’être chrétien en France. Socio-histoire de l’implantation baptiste (1810-1950), Labor et Fides.
  • Sébastien Fath et Jean-Paul Willaime (dir.), La nouvelle France protestante. Essor et recomposition au XXIe siècle, Labor et Fides.
  • André Encrevé (dir.), Les protestants (Dictionnaire du monde religieux dans la France contemporaine), Beauchesne.
  • Patrick Cabanel, Histoire des protestants en France, XVIe-XXIe siècle, Fayard.
  • Jean Baubérot, Histoire du protestantisme, PUF, « Que sais-je ? ».
  • Musée virtuel du protestantisme — notices thématiques et biographiques.

Consulter l’ensemble des sources du parcours

Poursuivre la lecture