La frise historique

Le parcours historique

Parcourez les grandes étapes de l’histoire protestante : précurseurs, Réforme, réveils, pentecôtisme et unions d’Églises en France.

Trois siècles et demi séparent Valdo de Wittenberg. Ce que les précurseurs avaient tenté seuls, et payé de leur vie, Luther, Zwingli et Calvin vont l’obtenir à l’échelle de peuples entiers.

Les pères du protestantisme

Martin Luther1483-1546Lire sa fiche
Ulrich Zwingli1484-1531Lire sa fiche
Jean Calvin1509-1564Lire sa fiche

Ce qu’ont fait Luther, Zwingli et Calvin

Trois hommes, trois pays, une même conviction : l’Écriture avant l’institution. En un quart de siècle, ils font passer une protestation intérieure à l’Église romaine à l’état d’Églises organisées, dotées d’une confession de foi, d’une liturgie et de pasteurs formés.

Martin Luther

1483-1546 · Wittenberg, Saxe

Moine augustin et professeur de théologie. Le 31 octobre 1517, ses quatre-vingt-quinze thèses contestent le commerce des indulgences ; l’imprimerie les répand dans toute l’Europe en quelques semaines. Sommé de se rétracter devant l’empereur à la diète de Worms en 1521, il refuse. Réfugié à la Wartburg, il traduit le Nouveau Testament en allemand (1522), puis la Bible entière (1534). Des traductions allemandes existaient déjà, mais la clarté et la diffusion exceptionnelle de la sienne élargissent considérablement l’accès direct au texte biblique. Sa découverte tient en une phrase — le salut est reçu par la foi, comme un don, non gagné par les œuvres.

De lui viennent les Églises luthériennes.

Ulrich Zwingli

1484-1531 · Zurich

Prêtre et prédicateur au Grossmünster à partir de 1519, il commente l’Écriture livre après livre, du premier verset au dernier, et fait retirer du culte ce que la Bible ne prescrit pas : images, orgues, messe. Plus radical que Luther sur certains points, il rompt avec lui au colloque de Marbourg en 1529 : pour Zwingli, la Cène est un mémorial et non une présence réelle. Il meurt à la bataille de Kappel en 1531. Plusieurs de ses anciens proches, jugeant la réforme trop lente, pratiquent en 1525 le baptême de croyants adultes et forment l’un des premiers noyaux organisés de l’anabaptisme.

De lui vient la branche réformée suisse. À Zurich, plusieurs de ses proches — Conrad Grebel, Felix Manz — rompent avec lui sur le baptême des enfants : ce noyau est l’un des foyers de l’anabaptisme.

Jean Calvin

1509-1564 · Noyon, puis Genève

Français, juriste de formation, exilé pour sa foi. En 1536, à vingt-six ans, il publie l’Institution de la religion chrétienne, premier exposé d’ensemble de la foi réformée ; il la traduira lui-même en français en 1541, faisant de sa langue une langue de théologie. À Genève, il donne à l’Église une organisation durable — pasteurs, docteurs, anciens, diacres — et fonde en 1559 une Académie qui formera des pasteurs pour toute l’Europe, dont beaucoup repartiront évangéliser la France au péril de leur vie.

De lui viennent les Églises réformées, dont les huguenots français.

Aucun des trois ne cherchait à fonder une dénomination au sens actuel. La rupture avec l’Église catholique prit cependant des formes différentes : excommunication de Luther en 1521, adoption civique progressive de la Réforme à Zurich, séparation de Calvin d’avec l’Église catholique en 1534. Les familles décrites dans ce dossier naissent de ce mouvement — le plus souvent après leur mort, parfois en désaccord avec eux, toujours en revendiquant la même autorité : celle de l’Écriture.

Trois repères pour ne pas se perdre

La Réforme « magistérielle » (Luther, Calvin, l’anglicanisme) réforme des Églises de territoire, appuyées sur les autorités civiles : tout habitant en est membre de naissance. La Réforme « radicale » (anabaptistes, 1525) donne au XVIe siècle une forme institutionnelle durable à l’Église de professants : on y entre par une foi personnelle, marquée par le baptême du croyant. Les réveils (piétisme, méthodisme, Réveil de Genève, pentecôtisme) rallument périodiquement la flamme de la conversion personnelle à l’intérieur des deux modèles. L’évangélisme français actuel est né de la rencontre de ces trois courants.

Ces trois repères — deux modèles d’Église (de territoire, de professants) et un phénomène qui les traverse (les réveils) — suffisent à lire toute la frise. Voici pourquoi on en a besoin.

Quatre pièges à éviter

Quatre pièges reviennent dans toute histoire du protestantisme. Les connaître d’avance suffit le plus souvent à les éviter.

  1. Les mots changent de sens. « Évangélique » signifie « fidèle à l’Évangile », donc luthérien, en 1520 ; aujourd’hui il nomme une famille d’Églises. « Réformé » désigne à la fois le mouvement du XVIe siècle et une dénomination française actuelle. Le glossaire (page 46) tranche à chaque fois.
  2. Les filiations ne forment pas un arbre. Les familles s’empruntent : le méthodisme nourrit le pentecôtisme, qui revient ensuite dans des Églises réformées par le renouveau charismatique. D’où le premier repère : raisonner en deux modèles d’Église plutôt qu’en branches séparées.
  3. Les réveils reviennent. Piétisme, méthodisme, Réveil de Genève, Azusa Street : le même ressort ressurgit à quatre siècles de distance. D’où le troisième repère : un réveil n’est pas une nouvelle famille, c’est un phénomène qui traverse les familles existantes.
  4. Beaucoup de noms, beaucoup de sigles. Vingt-quatre figures et une trentaine d’abréviations jalonnent le dossier. La galerie des visages (pages 12 à 16) et le glossaire sont là pour qu’on ne les confonde pas.

Deux pièges tiennent au vocabulaire, deux à la manière de se représenter l’histoire : le glossaire répond aux premiers, les trois repères aux seconds.

Code couleur des familles

  • Histoire générale, pouvoir civilPierre Valdo, Wycliffe, Jan Hus
  • Réformés et luthériens (huguenots)Jean Calvin, Antoine Court
  • Anabaptistes, mennonites, baptistesMenno Simons, John Smyth
  • Libristes et assemblées de FrèresFrédéric Monod, J. N. Darby
  • Moraves, méthodistes, réveilsJohn Wesley, Robert Haldane
  • Pentecôtistes et charismatiquesDouglas Scott, Clément Le Cossec
  • Structures communesFPF 1905, CNEF 2010
  • Millérisme, Étudiants de la BibleCharles T. Russell
Le code couleur des huit familles, repris en grand format à la page 11. Cliquez sur un portrait pour ouvrir la fiche de la famille correspondante.
Animation · en un coup d’œil

La frise en mouvement

Huit fils, huit courants : chaque fil naît à sa date, s’allume à chaque événement et court jusqu’à aujourd’hui. Les neuf pages qui suivent racontent ce dessin en détail.

Le tracé se déclenche quand la frise entre à l’écran — la page 1 fait référence.

La frise : des précurseurs au CNEF

Chaque famille suit son fil de couleur ; le fil gris porte l’histoire générale et le pouvoir civil. À gauche : la date, le lieu et le visage de la figure concernée. Au centre, chaque fil naît au premier événement de sa famille et court jusqu’à son dernier ; une pastille marque l’événement, et le titre reprend la couleur de la famille.

  1. v. 1170LyonPortrait de Pierre Valdo

    histoire générale et pouvoir civil — Pierre Valdo et les vaudois

    Un riche marchand lyonnais donne ses biens et prêche l’Évangile en langue du peuple. Excommuniés en 1184, les « pauvres de Lyon » survivent trois siècles dans les vallées alpines — et rallieront la Réforme au synode de Chanforan (1532).

  2. v. 1380OxfordPortrait de John Wycliffe

    histoire générale et pouvoir civil — John Wycliffe

    Le théologien d’Oxford place l’Écriture au-dessus du pape et lance la première traduction complète de la Bible en anglais, achevée après sa mort par ses proches. Ses disciples, les lollards, seront persécutés mais jamais éteints.

  3. 1415ConstancePortrait de Jan Hus

    histoire générale et pouvoir civil — Jan Hus au bûcher

    Venu au concile avec un sauf-conduit impérial qui ne sera pas respecté, le prédicateur de Prague, disciple de Wycliffe, est brûlé le 6 juillet 1415. Ses fidèles fonderont en 1457 l’Unité des Frères — dont descendent les Frères moraves.

Dossier en ligne · frise chronologique · édition 20261 / 49

  1. 1517WittenbergPortrait de Martin Luther

    réformés — Les 95 thèses de Luther

    Un moine augustin conteste le commerce des indulgences ; l’imprimerie diffuse le texte dans toute l’Europe en quelques semaines. Excommunié en 1521, Luther traduit le Nouveau Testament à la Wartburg en onze semaines : le peuple peut lire l’Écriture dans sa langue.

  2. 1521Meaux

    réformés — Le cénacle de Meaux

    Autour de l’évêque Briçonnet, Lefèvre d’Étaples traduit le Nouveau Testament en français (1523). Première aurore évangélique française ; la répression suit dès 1523 avec le premier martyr français, Jean Vallière, brûlé à Paris.

  3. 1525Zurich

    anabaptistes et baptistes — Naissance de l’anabaptisme

    Le 21 janvier 1525, Grebel et Manz baptisent des adultes sur profession de foi : rupture avec l’Église d’État. C’est l’ancêtre des mennonites, et l’inspiration lointaine des baptistes et de toutes les Églises de professants.

  4. 1532Chanforan, PiémontPortrait de Guillaume Farel

    réformés — Les vaudois rallient la Réforme

    Guillaume Farel, évangéliste de la Suisse romande, obtient au synode de Chanforan que les héritiers de Pierre Valdo rejoignent la Réforme et financent la première Bible française traduite sur l’hébreu et le grec — celle d’Olivétan, imprimée à Neuchâtel en 1535. Quatre ans après Chanforan, c’est Farel qui retiendra Calvin à Genève.

  5. 1536Bâle, puis GenèvePortrait de Jean Calvin

    réformés — Calvin publie l’Institution

    Exilé après l’affaire des Placards (1534) et la répression qui suit, Calvin publie à Bâle l’Institution de la religion chrétienne : la Réforme francophone a sa théologie. Genève devient la plaque tournante du protestantisme français.

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  1. 1555Paris

    réformés — Première Église réformée « dressée »

    Première Église organisée avec pasteur, anciens et diacres. En 1559, le premier synode national adopte une confession de foi commune — ratifiée en 1571 à La Rochelle — et une discipline presbytérienne-synodale. À la veille des guerres de Religion, on comptera de 1 200 à 2 000 Églises réformées selon les sources : c’est le peuple huguenot.

  2. 1572Paris

    histoire générale et pouvoir civil — La Saint-Barthélemy

    Après dix ans de guerres civiles ouvertes par le massacre de Wassy (1562), des milliers de huguenots sont massacrés à Paris et en province. Le protestantisme français ne s’en remettra démographiquement jamais tout à fait.

  3. 1598Nantes

    histoire générale et pouvoir civil — L’édit de Nantes

    Henri IV accorde aux réformés la liberté de conscience, un culte autorisé lieu par lieu, l’accès aux charges et des places de sûreté. Déclaré « perpétuel et irrévocable », ce traité de paix reste une concession du roi — et ce qu’un roi accorde, un autre pourra le reprendre.

  4. 1609AmsterdamPortrait de John Smyth

    anabaptistes et baptistes — Première Église baptiste

    John Smyth, séparatiste anglais exilé, se baptise avec sa communauté au contact des mennonites : baptême du croyant et héritage réformé. Son compagnon Thomas Helwys rentre à Londres en 1612, y fonde la première Église baptiste d’Angleterre et réclame la liberté de conscience pour tous.

  5. 1685Fontainebleau

    histoire générale et pouvoir civil — Révocation de l’édit de Nantes

    Louis XIV interdit le protestantisme : temples rasés, pasteurs bannis, enfants baptisés de force. Environ 200 000 huguenots gagnent la Suisse, les Provinces-Unies, la Prusse et l’Angleterre — c’est le Refuge ; ceux qui restent prient en secret, au péril des galères.

Repère en marge : Meaux, 1546 — première Église réformée constituée.

Dossier en ligne · frise chronologique · édition 20263 / 49

  1. 1715Les Montèzes, CévennesPortrait de Antoine Court

    réformés — Le « Désert » : Antoine Court

    Antoine Court, vingt ans, réunit le premier synode clandestin, treize ans après la révolte armée des Camisards (1702-1710). Pendant soixante-dix ans, les Églises « du Désert » célèbrent le culte dans les garrigues, au péril de la vie de leurs pasteurs.

  2. 1727Herrnhut, SaxePortrait de Nicolas de Zinzendorf

    réveils et méthodisme — Le réveil morave

    Des héritiers de Jan Hus, réfugiés chez le comte de Zinzendorf, vivent le 13 août 1727 un réveil qui les réconcilie. Ils lancent une chaîne de prière relayée jour et nuit pendant cent ans et envoient dès 1732 leurs premiers missionnaires — aux Antilles, puis au Groenland.

  3. 1730Aigues-MortesPortrait de Marie Durand

    réformés — La Tour de Constance : Marie Durand

    Emprisonnée à dix-neuf ans parce qu’elle est la sœur d’un pasteur du Désert, Marie Durand refuse d’abjurer et passe trente-huit ans dans la tour d’Aigues-Mortes. Le mot « REGISTER » — résister — gravé par les captives est resté celui de la mémoire huguenote.

  4. 1738LondresPortrait de John Wesley

    réveils et méthodisme — Conversion de John Wesley

    Au contact des moraves, Wesley sent le 24 mai, à Aldersgate Street, son cœur « étrangement réchauffé » pendant la lecture de la préface de Luther à l’épître aux Romains. Le méthodisme naît : prédication en plein air, petits groupes, sainteté pratique, cantiques de son frère Charles.

  5. 1740Nouvelle-Angleterre

    réveils et méthodisme — Le Grand Réveil

    Whitefield prêche en plein air devant des foules immenses ; Jonathan Edwards écrit pour discerner la vraie conversion de la simple exaltation. Le réveil traverse toutes les dénominations : c’est la matrice de l’évangélisme moderne.

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Précision de lecture — Le mot gravé à la tour de Constance

Le mot gravé dans la margelle de la tour est habituellement transcrit REGISTER, forme occitane de « résister » ; « resister » en est la lecture modernisée. La gravure est traditionnellement attribuée aux captives, sans qu’on puisse l’attribuer avec certitude à Marie Durand elle-même.

  1. 1787Versailles

    histoire générale et pouvoir civil — Édit de tolérance

    Louis XVI rend aux protestants un état civil — naître, se marier, mourir légalement — mais pas encore la liberté de culte : elle viendra avec la Déclaration des droits de 1789. Les Articles organiques (1802) organiseront ensuite les Églises réformées et luthériennes.

  2. 1791Normandie

    réveils et méthodisme — Arrivée du méthodisme en France

    Guillaume Mahy, natif de Guernesey, est envoyé sur le continent : la conférence méthodiste de 1791 inscrit « France » à son registre. De la Normandie le mouvement gagnera le Midi ; une union méthodiste française se structurera au XIXe siècle.

  3. 1810Nomain, Nord

    anabaptistes et baptistes — Premiers baptistes français

    Un réveil paysan gagne le Nord ; l’évangéliste Henri Pyt, sorti du Réveil de Genève, s’y installe en 1819, et vers 1820 naît la première Église baptiste de France. Des missions américaines viendront ensuite épauler le mouvement.

  4. 1817GenèvePortrait de Robert Haldane

    réveils et méthodisme — Le Réveil de Genève

    Sous l’impulsion de l’Écossais Robert Haldane, qui leur lit l’épître aux Romains, Malan, Frédéric Monod et Merle d’Aubigné reçoivent une impulsion décisive ; Adolphe Monod relaiera plus tard le Réveil. Ils redécouvrent la conversion et l’autorité de l’Écriture, qui gagneront toutes les Églises de France.

  5. 1832Plymouth, puis SuissePortrait de John Nelson Darby

    Frères et libristes — John Darby et les « Frères »

    Le mouvement des « Frères », né à Dublin puis à Plymouth, prêche une Église sans clergé, réunie autour de la Cène. J. N. Darby, ancien ministre anglican d’Irlande, le portera en Suisse romande à partir de 1837, d’où il gagnera l’Ardèche, la Drôme et le Midi.

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Précision de lecture — Réveil de Genève

Haldane influence directement notamment César Malan, Frédéric Monod et Merle d’Aubigné. Adolphe Monod devient ensuite une grande figure française du Réveil, mais ne relève pas exactement du même premier cercle genevois.

  1. 1844États-UnisPortrait de Ellen White

    millérisme, adventisme, Témoins de Jéhovah — La « Grande Déception » millérite

    Le prédicateur baptiste William Miller annonce le retour du Christ pour 1843-1844 ; ses disciples fixeront ensuite la date du 22 octobre 1844. L’attente échoue ; du mouvement éclaté sortent les adventistes du septième jour (Ellen White) — et le terreau d’où sortiront plus tard les Témoins de Jéhovah.

  2. 1848Îles britanniques

    Frères et libristes — Frères « étroits » et Frères « larges »

    Le mouvement des Frères se divise : les darbystes « étroits » refusent toute communion avec les autres Églises ; les « larges », autour de George Müller à Bristol, acceptent la coopération. C’est de la branche large, implantée plus tard en France, que naîtront les CAEF.

  3. 1849ParisPortrait de Frédéric Monod

    Frères et libristes — Union des Églises évangéliques libres

    Au synode de 1848, l’Église réformée refuse d’adopter une confession de foi ; Frédéric Monod et Agénor de Gasparin la quittent pour des Églises de professants, libres de l’État et de son salaire. Ce sont les « libristes » — l’UEEL d’aujourd’hui.

  4. 1879PittsburghPortrait de Charles T. Russell

    millérisme, adventisme, Témoins de Jéhovah — Russell et les Étudiants de la Bible

    Nourri par d’anciens milléristes (Storrs, Barbour), Charles T. Russell lance la Tour de Garde : chronologies prophétiques, annonce de 1914, rejet de la Trinité. Les premiers groupes atteignent la France au début du XXe siècle.

  5. 1905Paris

    maisons communes — Séparation des Églises et de l’État

    La loi met fin au régime des cultes reconnus : les Églises perdent le salaire de l’État et gagnent la liberté de s’organiser. La même année naît la Fédération protestante de France (FPF), qui regroupera peu à peu de nombreuses familles, sans les réunir toutes.

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  1. 1906Los AngelesPortrait de William Seymour

    pentecôtistes et charismatiques — Azusa Street : le pentecôtisme

    Dans un ancien local d’Azusa Street, le prédicateur noir William Seymour conduit un réveil marqué par le baptême du Saint-Esprit et le parler en langues, où Blancs et Noirs prient ensemble en pleine ségrégation. Issu du mouvement de Sainteté — fils du méthodisme —, il gagnera le monde en une génération.

  2. 1921Nogent-sur-MarnePortrait de Ruben Saillens

    anabaptistes et baptistes — L’Institut biblique de Nogent

    Ruben Saillens, pasteur baptiste et prédicateur du Réveil, ouvre un institut biblique où se formeront pendant un siècle des pasteurs de presque toutes les familles évangéliques françaises. Quarante ans avant Vaux-sur-Seine, la formation est déjà le premier terrain commun.

  3. 1930Le Havre, RouenPortrait de Douglas Scott

    pentecôtistes et charismatiques — Douglas Scott en France

    Venu apprendre le français avant de partir pour le Congo, le prédicateur britannique Douglas Scott est accueilli au Havre par Hélène Biolley, qui y tient le café sans alcool du Ruban Bleu. Son ministère d’évangélisation et de guérison lance le pentecôtisme français.

  4. 1931Columbus (États-Unis)Portrait de Joseph Rutherford

    millérisme, adventisme, Témoins de Jéhovah — Le nom « Témoins de Jéhovah »

    Joseph Rutherford renomme et centralise le mouvement de Russell. Sa doctrine antitrinitaire le situe hors du protestantisme confessant — ni FPF ni CNEF — mais ses racines plongent bien dans les réveils protestants américains.

  5. 1932France

    pentecôtistes et charismatiques — Organisation progressive des Assemblées de Dieu

    La première convention des Assemblées de Dieu se tient au Havre : confession de foi commune et journal. Huit Églises en 1933, une trentaine en 1941 — elles seront plus de cinq cents aujourd’hui, l’une des plus grandes unions évangéliques de France.

Repère en marge : Topeka, 1901 (Kansas).

Dossier en ligne · frise chronologique · édition 20267 / 49

  1. 1938France, Midi

    réformés — Réunification réformée — et l’UNEPREF

    Les Églises réformées françaises se réunissent en une seule Église. Une partie des Églises du Midi refuse une union sans confession de foi contraignante : elles forment une union réformée évangélique indépendante, aujourd’hui l’UNEPREF.

  2. 1952Bretagne, NormandiePortrait de Clément Le Cossec

    pentecôtistes et charismatiques — Réveil tzigane : Vie et Lumière

    Autour du pasteur breton Clément Le Cossec, des guérisons ouvrent un réveil chez les gens du voyage. En novembre 1954, un millier de Tsiganes se rassemblent à Brest pour des baptêmes sur la grève. Vie et Lumière deviendra l’un des plus grands mouvements évangéliques de France, conduit par des pasteurs issus du voyage.

  3. 1957France

    Frères et libristes — Vague d’implantations d’Églises

    France Mission, puis Perspectives, les CAEF — assemblées issues des Frères larges, structurées en union — et de nombreuses œuvres implantent des Églises dans les villes sans témoignage évangélique.

  4. 1960France

    pentecôtistes et charismatiques — Renouveau charismatique et Églises de la diversité

    Un pasteur épiscopalien de Californie annonce à sa paroisse qu’il a reçu le baptême du Saint-Esprit : le courant charismatique sort du pentecôtisme et traverse toutes les confessions. En France, il croisera les Églises issues des migrations — antillaises, africaines, asiatiques.

  5. 1965Vaux-sur-Seine

    maisons communes — Une faculté commune

    La Faculté libre de théologie évangélique ouvre ses portes : pour la première fois, des baptistes, des libristes, des Frères et des pentecôtistes se forment ensemble. Le premier lieu où les familles se sont vraiment connues.

  6. 1973Leuenberg, Suisse

    luthériens et réformés — La concorde de Leuenberg

    Des Églises luthériennes et réformées d’Europe reconnaissent leur accord sur l’essentiel de l’Évangile et leur communion dans la prédication et les sacrements. Les anciennes divergences ne justifient plus leur séparation. Elles peuvent partager la Cène et reconnaître leurs ministères, sans effacer leurs héritages. Cet accord prépare de nouvelles unions, dont celle de l’EPUdF en 2013.

    Comprendre ce rapprochement ↓

Dossier en ligne · frise chronologique · édition 20268 / 49

Précision de lecture — Plusieurs phénomènes à distinguer

Quatre repères que la page condense et qu’il faut séparer. 1952 est l’année du réveil et du début du ministère de Clément Le Cossec ; la Mission Vie et Lumière n’est formellement structurée que vers 1954. Le jalon « France-Mission, Perspectives, CAEF » réunit trois réalités qui ont chacune leur propre histoire. Le renouveau charismatique et les Églises issues des migrations sont deux phénomènes distincts, contemporains mais indépendants. Enfin, la FLTE est une étape majeure de la formation théologique évangélique, mais elle n’en est pas la première : l’Institut biblique de Nogent était déjà interdénominationnel depuis 1921.

Précision de lecture — Se reconnaître sans devenir identiques

Au XVIe siècle, le désaccord sur la Cène avait notamment séparé Luther et Zwingli. À Leuenberg, en 1973, les Églises signataires affirment qu’un accord sur l’Évangile permet de dépasser les condamnations doctrinales anciennes. Cette communion rend possible l’accueil réciproque à la Cène et la reconnaissance des ministères.

Un accord de communion n’est pas encore une fusion. Chaque Église conserve son histoire et son organisation. La démarche ouvre cependant la voie à des unions institutionnelles : l’UEPAL, en Alsace-Moselle, en 2006, et l’EPUdF, en 2013, en sont deux expressions distinctes. Toutes les familles protestantes ne sont pas signataires de la concorde.

Pour approfondir : Musée protestant — La concorde de Leuenberg · Musée protestant — L’union luthérienne et réformée en France.

Les luthériens · Les réformés

  1. 1994Toronto, CanadaPortrait de John et Carol Arnott

    pentecôtistes et charismatiques — La « Bénédiction de Toronto » et Catch The Fire

    Des réunions conduites par Randy Clark dans une Église Vineyard de Toronto ouvrent une vague de renouveau qui attire des visiteurs du monde entier. Séparée de Vineyard en décembre 1995, l’Église devient Toronto Airport Christian Fellowship en 1996, puis Catch The Fire Toronto en 2010-2011, tête d’un réseau néo-charismatique international — en France à Lyon depuis 2017.

  2. 2010Paris

    maisons communes — Création du CNEF

    Fondé en juin 2010, le Conseil national des évangéliques de France rassemble plus de 70 % des Églises protestantes évangéliques — baptistes, libristes, ADD, CAEF, méthodistes, réformés évangéliques, Vie et Lumière… Une première historique.

  3. 2013Lyon

    réformés — Naissance de l’EPUdF

    L’Église réformée de France et l’Église évangélique luthérienne de France s’unissent au synode de Lyon ; l’UEPAL, en Alsace-Moselle, reste distincte. Les réformés évangéliques (UNEPREF) restent, eux, une union distincte, membre du CNEF.

  4. Auj.France

    maisons communes — Un paysage en croissance

    En août 2026, le CNEF affiche 2 530 lieux de culte, 36 unions membres et 173 associations membres, et un nombre croissant d’implantations nouvelles. Huit siècles après Valdo, la question n’est plus « survivrons-nous ? » mais « saurons-nous rester frères ? ».

Dossier en ligne · frise chronologique · édition 20269 / 49

Précision de lecture — Décembre 1995 : la séparation d’avec le Vineyard

Le renouveau de 1994 commence dans une Église affiliée à l’Association of Vineyard Churches, la Toronto Airport Vineyard. En décembre 1995, l’association met fin à cette affiliation : l’Église prend alors le nom de Toronto Airport Christian Fellowship, puis de Catch The Fire en 2010.

C’est l’exemple le plus net de ce que ce dossier cherche à distinguer partout : une influence spirituelle peut être mondiale et durable alors même que le lien institutionnel a été rompu. Catch The Fire n’est pas une branche du Vineyard, et le Vineyard ne répond pas de ce qui s’est développé à Toronto après 1995.

Ce qui nous précède

Ier siècle

« Nous sommes tous les héritiers de ceux qui nous ont précédés ; chacun reçoit, examine, réforme et transmet à son tour. »

Ce qui nous attend

Aujourd’hui

Huit siècles après Valdo, la question n’est plus « survivrons-nous ? » mais « saurons-nous rester frères ? »

Fin de la frise chronologique

Sources et repères

Bibliographie du parcours

  • Sébastien Fath, Une autre manière d’être chrétien en France. Socio-histoire de l’implantation baptiste (1810-1950), Labor et Fides.
  • Sébastien Fath et Jean-Paul Willaime (dir.), La nouvelle France protestante. Essor et recomposition au XXIe siècle, Labor et Fides.
  • André Encrevé (dir.), Les protestants (Dictionnaire du monde religieux dans la France contemporaine), Beauchesne.
  • Patrick Cabanel, Histoire des protestants en France, XVIe-XXIe siècle, Fayard.
  • Jean Baubérot, Histoire du protestantisme, PUF, « Que sais-je ? ».
  • Musée virtuel du protestantisme — notices thématiques et biographiques.

Consulter l’ensemble des sources du parcours

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